Établissement Public Territorial de Bassin
ACTUALITÉS

Les PPRE : une gestion durable des cours d’eau au service du territoire

La grande majorité des berges de l’Argens et de ses affluents appartiennent à des propriétaires privés. À ce titre, ces derniers sont tenus par la réglementation d’assurer l’entretien de leurs berges (article L.215-14 du Code de l’environnement). Cependant, face à un entretien à renforcer de manière générale et compte tenu de la nécessité d’adopter une approche globale pour définir les travaux, le Syndicat Mixte de l’Argens a choisi en appui et en complément du travail qui incombe aux propriétaires de prendre en charge les interventions relevant de l’intérêt général. Cet intérêt général se décline à travers des Programmes Pluriannuels de Restauration et d’Entretien (PPRE). Ils planifient les actions sur une période de cinq ans.

Ils visent à atteindre les objectifs suivants :

  • Restaurer ou pérenniser une ripisylve* équilibrée en bon état sanitaire et apte à remplir ses fonctions ;
  • Limiter les risques d’embâcles dans les secteurs à enjeux ;
  • Favoriser l’expansion des crues dans les zones reconnues comme présentant un intérêt notable ;
  • Améliorer la richesse écologique du cours d’eau en particulier par des opérations de plantations ;
  • Atténuer, suivant les enjeux, les problèmes locaux d’érosion de berges ;
  • Lutter contre la prolifération des espèces invasives dans le cadre d’un plan de gestion pluriannuel priorisé.
*forêt bordant les cours d’eau.
Les PPRE sont mis en œuvre après validation préfectorale dans le cadre d’une Déclaration d’Intérêt Général (DIG) qui permet de réaliser des travaux publics sur des fonds privés. Dans ce cadre, ils définissent les différentes interventions à réaliser. Elles sont planifiées et adaptées aux spécificités de chaque secteur. Plus précisément, en fonction des enjeux identifiés. Par exemple : prévention des inondations, maintien de la qualité des milieux aquatiques, ou encore soutien à la régénération naturelle de la ripisylve.

Les travaux sont réalisés sur les linéaires en moyenne tous les trois ans

Sauf, lorsque la présence d’enjeux particuliers (contexte urbain) rend nécessaire un passage plus fréquent. Cette rotation a pour objectif de réduire les risques, en priorisant les actions sur les zones vulnérables aux crues ou à l’érosion des berges et de préserver la biodiversité. Ceci, tout en maintenant des corridors écologiques, en favorisant la régénération naturelle de la végétation et en évitant les interventions inutiles sur les secteurs stables ou peu sensibles.

Les PPRE reposent sur un diagnostic initial

Ce diagnostic permet d’identifier les priorités, de fixer des objectifs et de définir les grandes lignes d’intervention. Les milieux sont ensuite suivis régulièrement par les techniciens du SMA afin d’adapter les actions et d’en mesurer l’efficacité.

Les interventions sont ajustées selon les enjeux locaux

Par exemple, une intervention minimale est axée sur la prévention et la surveillance afin de préserver l’équilibre naturel sans travaux lourds. Elle concerne surtout les zones naturelles riches en biodiversité, peu accessibles ou présentant peu d’enjeux de sécurité. Mais aussi, certains secteurs dégradés pouvant se régénérer naturellement.

À l’inverse, dans les zones urbaines ou sensibles (amont/aval), où les enjeux de sécurité publique sont majeurs, l’entretien est plus intensif afin de :

  • Réduire les risques liés à la végétation (chutes d’arbres, embâcles, obstruction des écoulements) ;
  • Maintenir la capacité d’écoulement des cours d’eau, notamment sur les sections artificialisées ;
  • Limiter la fixation d’atterrissements (accumulation de matériel tel que de la terre, du sable, du gravier, etc… dans le lit du cours d’eau) et la prolifération de végétation.

À noter : L’entretien de la végétation rivulaire (au bord des berges) ne peut être uniforme sur l’ensemble des cours d’eau du territoire. Une gestion différenciée permet de concentrer les efforts sur les zones les plus sensibles. C’est-à-dire les secteurs urbains ou artificialisés, où le risque d’inondation est accru, et les milieux naturels dégradés, nécessitant un accompagnement pour retrouver leur équilibre écologique.

En 2025, les PPRE au SMA c’est :

  • 17 PPRE actifs ;
  • 755 km de cours d’eau sous surveillance ;
  • Des interventions sur l’ensemble des sous-bassins versants de l’Argens (sauf la Meyronne), pour un budget de 510 816,87 € TTC.

Les travaux d’entretien des cours d’eau sont réalisés par les entreprises titulaires des marchés. Mais également, par la régie du SMA (3 agents forestiers) qui œuvre tout au long de l’année, sur le territoire de la Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa).

Les travaux d’urgence 

En début d’année 2025, l’ensemble du territoire n’était pas encore couvert par des DIG. Certains dossiers étant toujours en cours d’instruction, il a donc été nécessaire de constituer des dossiers de travaux d’urgence. En particulier pour remédier aux désordres apparus à la suite des épisodes de crues. Notamment, sur les bassins versants du Reyran (Fréjus) et du Cauron (Bras).

En cas de danger grave et imminent (inondation, menace sur des biens ou infrastructures), les travaux d’enlèvement d’embâcles peuvent être réalisés sans déclaration ou autorisation préalable, à condition d’informer immédiatement le préfet. L’article R.214-44 du code de l’environnement prévoit cette dispense de procédure pour les situations d’urgence.

Les travaux réalisés en régie 

L’équipe rivière du SMA se compose de trois agents en rivière expérimentés. Elle connait parfaitement le bassin de la Nartuby sur lequel elle intervient quotidiennement depuis des années, réalisant ainsi un précieux travail de fond.

L’équipe rivière en 2025, c’est :

  • 197 jours de travaux sur le bassin de la Nartuby ;
  • 27 jours d’interventions sur les cours d’eau du territoire de DPVa : sur le Réal, la Florièye et la Bresque à Sillans-la-Cascade et Salernes ;
  • 6 jours dédiés à la mise en œuvre d’actions transversales (reconnaissance post crues, formations, appui sur des actions du PAPI etc.).

Les interventions du RIISC7 

Des interventions avec le Régiment d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile ont été effectuées sur le bassin versant de l’Argens. Ceci, dans le cadre d’une convention de mise à disposition d’un détachement du régiment afin d’assurer la formation des sapeurs-sauveteurs du RIISC7. Les bassins versants ayant bénéficiés de ces interventions sont l’Aille, l’Eau Salée et le Reyran. L’objectif étant de désencombrer le lit suites aux épisodes de crues survenus en 2025.